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« 99 Francs » de Jan Kounen : la claque !

Hier soir j’étais invité à une projection presse de 99 Francs, le film de Jan Kounen adapté du best-seller de Frédéric Beigbeder. J’espère pouvoir vous proposer fin septembre un Tomcast exceptionnel de Jean Dujardin et de Beigbeder (en plus j’ai ma petite idée sur le concept de l’ITW).

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Même si Frédéric Beigbeder m’a assuré qu’il était 100% satisfait de cette adaptation à laquelle il a d’ailleurs largement participé (voir Tomcast dans la baignoire), quelques doutes subsistaient encore dans mon esprit.  A vrai dire je m’attendais quand même à un film familial, au scénario révisé-lissé-scriptdoctorisé 100 fois, qui fait découvrir l’univers impitoyable de la pub, façon la « Vie est un long fleuve tranquille », un bon gros blockbuster à 5 millions d’entrées qui vous sécurise les comptes de Pathé pour un an.

Hé bien je dois avouer que cette projection a balayé d’un coup l’ensemble de mes préjugés sur le film. 99 Francs est un film ultra-violent, un film qui dérange puisque qu’il s’attaque à nous, les consommateurs, victimes du marketing, à nous les publicitaires qui avons parfois tendance à nous croire tout puissants alors que nous ne sommes que des pions du capitalisme, un capitalisme qui sait parfois être violent et speedé, violent et speedé comme la plupart des images de ce film.

Je crois que ce qui m’a le plus étonné, c’est la hargne inouïe avec laquelle  le film s’attaque à Danone. Certes la firme a été rebaptisée Madone mais l’univers graphique de la marque a été quasi-conservé. Alors vous allez me dire « Oui mais tout ça est aussi dans le livre ». Certes, mais croyez moi, quand on passe en mode image, les attaques font beaucoup plus mal (Ah la scène du rejet de la mannequin un peu trop «africanisante» pour la pub de yahourt !) et je pense que les dents n’ont pas fini de grincer chez le leader mondial des produits laitier frais. Maigre consolation pour Franck Riboud : il y a des bouteilles de Volvic dans toutes les réunions. C’est toujours ça de gagné en placement de produit.

Dujardin Vous l’aurez compris, on est plutôt dans le film-baffe à la Gaspard Noë avec un soupçon de Michaël Moore que dans la gentille pochade qui fait rire tout le monde parce que personne ne se reconnaît. Saluons en outre la performance de Jean Dujardin qui compose un Octave parfait, la tête du Beig' en prime. Et puisqu’un bonheur ne vient jamais seul, j’ai senti l’ombre de Jean Yanne se poser sur certaines scènes de ce film plein de trouvailles et de bonnes surprises, parsemé de scènes franchement hilarantes et visuellement très réussi. C’est vrai après tout, dans la publicité « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et ça tombe bien c’est justement mon film culte !

Conclusion : Le plus drôle c’est que tout ce que je viens de vous raconter ne transparaît absolument pas dans la bande annonce. Il ne faut pas faire peur à la ménagère qui pourrait bien bouder le film… Moquez vous de la pub, elle aura toujours le dernier mot ;-)

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