Guy Savoy contre la Silicon Valley !
Au lendemain du Web'08 et de ses nombreuses controverses, j'ai choisi de prendre un peu de temps pour vous traduire un extrait d'une note de Loïc le Meur qui m'a beaucoup amusée. Le choc des civilisations vu par un exilé dans la Mecque du business de l'innovation.
(Précision pour pouvoir apprécier le texte : Michaël Arrington est un serial entrepreneur américain, influent rédacteur en chef du célèbre blog Techcrunch, incontournable dans la silicon valley. Son comportement sur la scène du Web'08 a fortement déplu à Loïc le Meur.)
"Michael s'est focalisé sur mon "Nous savons comment prendre du bon temps en Europe" et mon exemple du repas de deux heures contre son dej de 5 minutes au Starbuck (si vous avez de la chance!). Il y a une immense différence entre être paresseux et prendre le temps de se connaître. C'est la principale différence culturelle que je ressens depuis que je me suis installé dans la Silicon Valley. Chaque minute, chaque café, chaque coup de fil doit aller droit au but. Si vous appelez quelqu'un dans la Silicon Valley pour quelque raison que ce soit, vous vous entendrez inévitablement répondre : "Pourquoi tu m'appelles?" souvent plus poliment traduit par un "Qu'est ce que je peux faire pour toi ?", une bonne formule pour gagner du temps selon Tim Ferris, entrepreneur américain auteur de l'hilarant "The Brilliant 4 hours workweek book". Dans la Silicon Valley, n'espérez même pas commencer une conversation par "T'as passé un bon week-end ?" ou "Comment vont tes enfants ?", ici les gens veulent que vous crachiez le morceau direct, pas de temps à perdre. Pas question d'imaginer inviter à dîner quelqu'un que j'aurais envie de mieux connaître. Je me prendrais en retour un mail de son assistante me demandant "Pourquoi vous voulez l'inviter à dîner ?" Je ne pense pas que les Européens sont paresseux parce qu'ils prennent le temps de mieux faire connaissance et construisent de solides relations sur le long terme qui ne se limitent pas au business et je ne pense pas que cela handicape l'Europe, bien au contraire.
Sérieusement, imaginez la scène d'un Michael Arrington se retrouvant piégé chez Guy Savoy, un des meilleurs chefs du monde et symbole de ce que la France peut offrir de meilleur en matière de cuisine. Nous sommes restés à table pendant près de 5 heures alors que les rapports sociaux de Michael se résument habituellement à des coups de fils excédant rarement les deux minutes. Michaël m'a demandé s'il pouvait apporter son ordinateur portable pour pouvoir écrire quelques posts entre deux services de plats (update : je pense qu'il blaguait et il ne l'a finalement pas fait). C'est la culture du fast food contre celle de la qualité ultime. Chaque plat avait été préparé pendant des heures, voire des jours avec les ingrédients les plus recherchés, par des chefs sur-entrainés avant de pouvoir accéder à ces prestigieux fourneaux. Dans la Silicon Valley, on est obsédé par les économies d'echelle alors que chez Guy Savoy, on ne sert pas plus de 50 privilégiés chaque soir avec une équipe dont l'effectif dépasse largement le nombre de clients. Dans le célèbre restaurant de la rue Troyon, il n'est pas question d'économies d'échelle, il est question de qualité extrême. Évidemment c'est cher et tout le monde ne peut pas se permettre de dîner ici. Pourtant, malgré la crise, n'espérez pas obtenir une table si vous n'avez pas réservé deux mois à l'avance. C'est un exemple et heureusement il y a plein d'autres moyens de profiter de l'art de vivre européen, même si vous avez un budget serré. C'est un état d'esprit qui est profondément inscrit dans nos racines européennes. Alors, quel est le meilleur café ? Celui que les américains vont attraper au Starbuck et qu'ils boiront en marchant dans la rue ou le petit noir qu'on déguste, confortablement installé en terrasse face au Musée du Louvre ?"
Et puisqu'on parle de Guy Savoy, j'en profite pour saluer cette initiative du Chef à l'occasion de Noël :
"Le restaurant GUY SAVOY réserve une table chaque jour au déjeuner pour des convives qui souhaitent découvrir (ou redécouvrir) un restaurant gastronomique... Mais qui hésitent ! Nous leur ouvrons l’ensemble de notre carte pour y choisir une demi-entrée, un plat et un demi-dessert, pour la somme unique de 100 € ; notre sommelier leur proposera des vins au verre à partir de 10 €. Cette idée est diffusée aux Internautes uniquement ! " Le site de Guy Savoy.













Je suis fortement déçu : on m'avait annoncé ce blog comme une référence en matière de commerces de proximité (meilleur boulanger du coin etc) et de pornographie chic. C'est tout sauf ça.
Déçu.
Déçu.
Déçu.
Rédigé par: | mar. 16 déc 2008 à 00:36
haaaa Guyyyyyyy
j'ai eu le plaisir d'organiser un diner avec une 10e de personnes l'année dernière.
Un vrai festival ! SUrtout au moment de la farandole de dessert.
ET oui, effectivement, ça a duré plus de 5 minutes.
5 minutes, c'est environ le temps que le chef a passé avec nous pour saluer nos invités.
Rédigé par: Xav | mar. 16 déc 2008 à 07:15
Franchement, je pense que si c'est évidemment une question de culture, c'est aussi une question d'éducation. Il vient d'où Arrington ? Elevé comment ? Avec quelles valeurs ? On trouve aussi aux US des amoureux des plaisirs de la vie qui savent prendre leur temps. Ils sont rares mais j'en ai rencontré. Et ils viennent prendre leurs vacances en France... ;-)
Rédigé par: Thierry Richard | mar. 16 déc 2008 à 08:11
VOICE (SARAH CONNOR)
Skynet, the computer which controlled the machines, sent two terminators back through time. Their mission: to destroy the leader of the French entrepreneur... Loic Le Meur.
The first terminator, a Cyberdyne Systems, Model 101. was programmed to strike at him, in the year 2004... before Loic was known but It failed.
The second, a Model T-Arrigton, was set to strike at Loic himself, when he moved to San Fransisco. As before, the Silicon Valley was able to send a lone warrior. A protector for Loic. It was just a question of which one of them would reach him first...
Rédigé par: GreG | mar. 16 déc 2008 à 10:57
Ils s'apprécient à mort entre mecs du digital les entrepreneurs :')
Rédigé par: malasse | mar. 16 déc 2008 à 11:39
Pour cela je suis profondément français, prendre mon temps, c'est même ce que j'aime par dessus tout, en particulier quand il s'agit de relationnel.
Effectivement sur la scène ca commençait à partir en vrille...
Rédigé par: greg | mar. 16 déc 2008 à 22:07
Ce Arrington, il finira un soir la tête collée sur son clavier, mort d'un infarctus à 40 balais: trop de graisse, trop de MacD, trop de merde dans le corps. Il n'aura effectivement pas perdu de temps. Banale bullshiterie.Qui peut bien envier une vie de merde pareille?! Ah oui....les $$$$$$.
Mouais...je lui laisse sa vallée de plastique, je garde le foie gras, les terrasses et le temps.
Rédigé par: Joseph Bovin | mer. 17 déc 2008 à 15:11
Curieux d'opposer FastFood et QualitéExtrème...
J'aurais plutôt opposé restauration US et FR. Parce qu'en France, on prend son temps en FastFood et chez Starbuck. Et dans n'importe quel CountryClubWasp US, on ne déjeune pas sur le pouce.
Si LLM avait invité Michael à prendre un ptitdèj chez Starbuck à Paris, ou fait un saut chez McDoChamps, ce cher Michael aurait sûrement plus halluciné de nos comportement culinairosociaux qu'en passant chez Guy Savoy! Question de référentiel.
De plus, il est difficile pour un européen de comprendre la notion de FastFood US, tant là-bas, vu la diversité disponible, il s'agit d'un véritable choix de restauration.
Trois concurrents en France (Quick, McDo, KFC) contre des dizaines aux US. Et pour tous les goûts. On trouve même du Mumm chez MiamiSubs...
@GreG, c'est juste un problème de cour de récré ;-)
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Rédigé par: Patrick B. | jeu. 18 déc 2008 à 00:00
Dies ist ein großer Ort. Ich möchte hier noch einmal.
Rédigé par: fahrrad | sam. 07 mar 2009 à 01:37