
Être accrédité à Cannes c'est aussi prendre le risque d'aller voir des films un peu au pif et d'être parfois assez secoué. Tous les films que j'ai vus étaient globalement déprimants mais c'est "Halt auf freier Strecke" d'Andreas Dresen, dans la sélection Un certain regard qui remporte haut la main ma palme personnelle !
LE PITCH :
Frank et Simone mènent une vie de famille tranquille, jusqu'où jour on diagnostique à Frank une tumeur au cerveau... Il ne lui reste plus que 4 mois à vivre. Frank est alors envahi par la perspective de sa mort prochaine, tandis que Simone et leurs enfants s'interrogent sur leur avenir...
MON AVIS :
Une scène d'ouverture ultra pesante dans laquelle le medecin annonce la diagnostic devant le couple vous mets tout de suite dans l'ambiance, puis on suit la dégradation progressive et ultra-réaliste d'un père de famille rongé par une tumeur au cerveau qui devient progressivement un boulet pour sa famille. Mais ne vous y trompez pas, ce film est brillantissime. Le jeu des acteurs exceptionnels, sobre, touchant, on s'identifie immédiatement, une claque énorme. Comme dans le Polisse de Maïwenn, Andreas Dresen a glissé quelques petites touches d'humour pour nous permettre de souffler au milieu du malaise. Seule entorse à l'utra-réalisme et sans doute clin d'oeil au "Bruit des glaçons" de Bertrand Blier, la tumeur de Frank intervient à plusieurs reprises, prenant forme humaine dans un écran de TV ou d'iPhone. A part ça, aucun artifice dans ce film allemand et pourtant certaines images sont bouleversantes de beauté et vous aident à supporter la fin hélas sans surprise. A peine sorti, les festivités de Cannes vous paraissent bien futile et l'on a qu'une envie : profiter de chaque seconde de la vie, finalement si fragile...
Je ne sais pas si ce film va sortir en France et encore moins quand, mais j'espère vraiment pouvoir un jour vous conseiller d'aller le voir !!!
LA RÉPLIQUE QUI TUE
Le fils de 8 ans : "Papa, c'est vrai que tu vas mourir?"
Le père : "Oui"
Le fils de 8 ans : "Alors je pourais avoir ton iPhone ?"
UN EXTRAIT DE LA SCÈNE D'OUVERTURE :
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