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Comment j'ai trop de la chance!

J'ai trouvé ce témoignage dans les commentaires du blog de Pierre Assouline.

Pierre_assouline (Pierre Assouline pour les nuls : Pierre Assouline est écrivain, amoureux des années 30, ancien rédacteur en chef du magazine Lire. Il a failli avoir le Goncourt 2005 pour son dernier roman "Lutétia" (Gallimard) et il tient un blog dans lequel il boit du café.)

Mais revenons au témoignage posté par un certain Lazare : "Je suis stagiaire dans une grande maison d'édition à Paris. Je vois chaque jour comment les choses se passent, les étagères entières remplies de pavés et sur la tranche de chacune d'elles, un post-it de quelques centimètres carrés: "refusé" et la date.

Je ne travaille pas au service des manuscrits mais j'ai accès au local où ils sont entreposés et je m'attarde souvent à en feuilleter quelques-uns. Autant que je peuxle dire, ils sont tous mauvais. Généralement, l'auteur a pris la peine d'y adjoindre une lettre d'introduction qui suffit presque à les mettre de côté immédiatement.

Le plus triste ce ne sont pas les dizaines de jeunes parisiens arrogants persuadés d'être de nouveaux Houellebecq, mais les autres, les retraités de province qui livrent candidement 750 pages de vie quotidienne en y mettant tous leurs espoirs. C'est de ça je crois, qu'il faut avoir conscience: l'immense majorité des manuscrits reçus est totalement et définitivement impubliable."

A lire : L'intégrale du commentaire de Lazare et la note de Pierre Assouline sur les mecs qui s'amusent à envoyer des classiques de la littérature aux éditeurs en changeant juste le titre.




Commentaires

Mathilde

Oui, les manuscrits sont mauvais pour la plupart.
Moi aussi stagiaire au service des manuscrits de grandes maisons, et aujourd'hui lectrice en bonne et due forme, j'ai pu constater que 90 % des romans reçus par la Poste ne méritent pas que l'on y passe plus de 5 minutes. Parfois, on trouve un truc, un ton, une histoire. Là on lit, on fait une note, on le défend, on se bat, on peut s'entretuer entre lecteurs...mais c'est si rare !
Ainsi, il y a une chose à ne jamais oublier, même si c'est dur pour vous, écrivains inconnus qui rêvez d'être publier, oui, n'oubliez pas ce qu'un certain Raphaël Sorin, dont il est souvent fait mention par ici, m'a dit alors que je débutais :" Il n'y a pas de chef-d'oeuvre inconnu"...
A bon entendeur...

e-lecteur

Il peut tout de même arriver, Mathilde, que de bons bouquins restent inconnus longtemps. Après, si la chance, les circonstances, etc. se liguent pour empêcher une oeuvre de se voir reconnue, il s'agit d'être endurant, obstiné, et en effet en général ça finit par passer. Cependant, les éditeurs se masquent peut-être une part de vérité, ça doit leur faire mal de reconnaître qu'ils passent régulièrement à côté d'un bon auteur, voire qu'ils le déglinguent. Il me semble difficile de soutenir que certains talents littéraires n'ont pas été entravés au moment de leur possible éclosion par des propos mal venus, un manque d'encouragements.

Quelle est stp votre réaction habituelle, à vous lecteurs, lorsque dès la première page vous tombez sur une belle faute d'orthographe, comme une faute d'accord par exemple ?

pradoc

Il y a de bons romans publiés, de bons romans non publiés, de mauvais romans publiés, de mauvais romans non publiés. On retouve tous les cas de figure.

Mais ce qui prime même pour un auteur, c'est les ventes, car un roman non vendu est quasi l'équivalent d'un roman non-publié.

Thomas Clément

Joli formule, Pradoc! Je suis totalement d'accord avec toi. Passé la joie de la signature avec l'éditeur, on repart à zéro. Il va y avoir minimum 600 romans qui vont sortir en même temps que le mien... C'est le deuxième round, le plus important. Après avoir plu à un éditeur, il faut plaire à des lecteurs et ça...

pradoc

Je te remercie.

Dis-toi que tu as maintenant un billet de loterie et qu'il est peut-être gagnant...et que le talent peut sans doute faire dévier la bille.

Mathilde

Pour répondre à E-lecteur :
Les fautes d'orthographe, s'il n'y en a pas à chaque ligne, ne pèsent absolument pas dans la décision de poursuivre la lecture ou non. Jean Genet faisait des fautes, et même Céline, je crois...
Bon, par contre si c'est écrit en langage texto (ça arrive...) là, c'est simple, je m 'arrête à la première page.
Pour le reste, je persiste : un excellent roman envoyé à toutes les grandes maisons finira par être publier (Proust avait été refusé par Gige chez Grasset et finalement publié à compte d'auteur !).
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne publie que de la qualité (là je réponds à Pradoc), bien sûr, les éditeurs publient une somme incroyable de mauvais romans, certains tout à fait exécrables même.
Si vous ne me croyez vraiment pas, je vais finir par demander à Thomas de mettre en ligne mon Best of des premières pages les pire que j'ai pu trouver...Vous verrez le niveau !

e-lecteur

Merci pour ta réponse Mathilde, éclairante ; je pensais que Proust avait été refusé par Gallimard, et il est rassurant de savoir que vous ne faites pas grand cas de l'orthographe.
Je n'avançais pas que beaucoup d'auteurs seraient écartés du circuit, mais que ça doit tout de même arriver (aux cas par exemples où le manuscrit ne soit envoyé qu'à quelques maisons qui, manque de chance, passent à côté et que l'auteur se décourage, ou bien qu'il reçoive une première réponse favorable, qu'on lui demande des corrections puis qu'il soit refusé, qu'un problème de rapport humain avec l'équipe chargée de la naissance du livre survienne, ou encore, que même une fois publié, pour diverses raisons - comme l'évoquaient Thomas et Pradoc -, les ventes n'arrivent pas).
Tandis que des daubes sont objets de beaucoup de publicité et ne vendent pas autant qu'espéré, des auteurs talentueux sont obligés de rédiger des biographies fadasses, d'enseigner, de charger et décharger des caisses, etc., alors que leurs livres avec un peu plus d'appui pourraient produire de beaux et meilleurs bénéfices. Cela, les éditeurs ne l'acceptent peut-être pas facilement, préférant se voir sous le meilleur jour possible et se dire qu'il n'est pas de chef-d'oeuvre inconnu (il y a au moins ceux qui faute d'encouragements et de bons conseils n'ont pas pu voir concrètement le jour - même sans avoir été tapés à la machine ou imprimés ils existent), ce qui ne veut pas dire bien entendu que je n'aie pas conscience que la majorité des manuscrits proposés sont misérables et qu'il est normal qu'ils soient refusés.
Quelqu'un sur un forum proposait de publier chaque année le meilleur mauvais manuscrit : cette démarche, comme celle consistant à mettre en ligne quelques premières pages catastrophiques, me semble un peu cruelle et matière à bien rire.

Louise

C'est tout à fait ça ! Des fois la lettre est tellement mal écrite qu'on appose sans plus tarder une belle lettre écarlate (un R dans ce cas présent !!!)...

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