« Tomcast #075
Jean Roch :
"Je crois qu'ils seraient pas très contents que je leur fasse un VIP Room en Bretagne!"
| Accueil | Gainsbourg au cinéma : j'ai hâte !!! »

"Rue des Martyrs", le dernier Patrick Eudeline !

IMG_5045

Enorme coup de coeur pour le dernier roman de Patrick Eudeline "Rue des Martyrs". Avec ce nouvel Opus - putain, il aura fallu être patient, on arrive pas au niveau de "Dansons sous les bombes" (un de mes livres cultes) mais on console largement le fan un peu déçu par "Les Soucoupes Violentes", paru en 2004.

Image 2 A force de lire Patrick Eudeline (la bible ultime reste "Gonzo", le recueil de toutes ses meilleurs chroniques chez Denoël), je me dis qu'en fait, je me fout de ce qu'il raconte, le Patoche. Ce que j'aime, c'est son style unique, infatigable conteur de la loose sur fond de nostalgie résignée. Comme Jérôme dans "Rue des Martyrs", la plupart des héros de Patrick Eudeline sont des loosers qui ont connu un petit éclair de gloire (le premier shoot!) et qui s'y accrochent. Mais je crois que ce qui me fait encore plus craquer chez le rock critik, c'est son goût obesssionnel du détail, de la précision. A défaut d'avoir des souvenirs exceptionnels, Eudeline a des souvenirs précis et c'est ça qui le sauve. Je ne suis pas sûr que la musique d'Asphalt Jungle (le petit éclair de gloire punk de l'auteur) restera alors que la littérature d'Eudeline laissera une trace passionnante, un témoignage beaucoup plus durable. Allez, une petite phrase qui résume à elle seule ma passion pour l'auteur :

"Jérôme monta jusqu'à son 6ème étage, entra dans sa chambre et attrapa sa guitare, une Burns Vibra Sonic volée chez Gaffarel (il y avait encore l'étiquette collée au dos) et rachetée une misère à un fourgue au Puces, puis sortit aussitôt"

Cette précision, ce goût pour les marques (et avec Patrick on n'est jamais dans le namedropping putrancier à la Bret Easton Ellis ou Lolita Pille) est une des qualité essentielle du dandy. Car vous l'aurez compris, Patrick est dandy de la majuscule au point final.

Ah et le bouquin "Rue des Martyrs" ? Hé bien je vous laisse avec le résumé des éditions Grasset qui est très bien fait ;-)

"En 1966, la pop française explose : Jérôme, minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d'y voir ses disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c'est une reprise qu'on lui impose, une soupe mièvre et commerciale . Pas le choix ? Jérôme n'est pas Chouraqui, son double, son frère, né la cuiller en argent dans la bouche ; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l'Ecole Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont le père, sociétaire du Français, peut ouvrir toutes les portes.
Des seventies à l'an 2000, des Champs-Élysées à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à la vodka et à l'héro, des premières amours au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent. Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée dans un film de Rohmer, l'égérie de chez Castel se noie dans la drogue et le sexe - hard… Jérôme, miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône des sixties kitschisé avant l'heure, petite idole disco rêvant d'underground, produit périmé du show-biz, RMiste en voie de clochardisation, il s'éclipse sans laisser d'adresse. Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l'une et pour l'autre, devenu producteur indépendant dans la seule idée de faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant, triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d'une poupée siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et puis un jour d'octobre 2008, Jérôme revient…"

Au fait dans mon roman "Les Enfants du Plastique", j'avais mis en scène l'enterrement de Patrick Eudeline au beau milieu d’un futur proche qui ne respecte plus rien - et c’était bien triste. Dieu merci, l’homme est encore bien vivant et fait partie de ces témoins érudits qui font que les bonnes choses restent et qu’elles se transmettent. A ce titre et à plein d’autres, Patrick Eudeline est essentiel !




Commentaires

Pappy Boyington

Ai fini de le lire ce matin à 1h30. Ai craqué pour Gudule.

Tomroffe

Eudeline réussit le tour de force de me rendre nostalgique d'une époque que je n'ai pas connue.
Ces fameux paradis perdus... La nostalgie c'était mieux avant ;-)

solene L.

je vais faire une critique sur www.pariscotedazur.com bientot^^

unevilleunpoeme


Un écrivain a fait part d'un poème, mais bon, ça ne va pas trop...

Alors loin de cette longue rue des Martyrs, un poème sur Boulogne, les rimes en "logne" sont faciles, non ?

solene L.

http://www.pariscotedazur.fr/archives/2009/08/08/2070-litterature-quand-les-journalistes-prennent-la-plume
voilà mon article sur rue des martyrs ^^

ptilou

Une écriture tout à fait intéressante et plaisante en effet. Déjà "soucoupe volante" m'avait bien plu. Eudeline réalise des chroniques parisiennes avec des personnages attachants et nocturnes. Ce roman est très agréables.

KRAUZE MICHEL

goût de la précisions et du détail, çà c'est Eudeline, monstrueux dans le genre

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

MON BLOG A DÉMÉNAGÉ !!!

  •  

    Vous êtes ici sur les archives de

     

    mon ancien blog. Retrouvez-moi

     

    sur mon nouveau blog

     

    en cliquant sur le lien suivant :

     

    Le Blog de Thomas Clément

     

     

     

     

     

     

     

Pub !

-->

Le dossier choc!