mercredi 18 janv. 2006

Mon père a lu
"Les Enfants du Plastique"

Déjeuner chez mes parents. Mon petit papa m’annonce qu’il a (enfin) lu mon livre. Le verdict tombe : Il a été très désagréablement surpris par le contenu de mon roman et notamment par certaines scènes un peu vulgaires. Il suggère que peut-être je devrais voir un psy. En tout cas il se demande qui a bien pu me mettre toutes ces idées dans la tête.

En fait ce qui l’embête le plus c’est qu’il a déjà claironné dans tout Boulogne (Plastic city) que son rejeton allait publier un livre, pensant tout naturellement que j’avais pondu la suite du Père Goriot. Il me voyait déjà dédicacer mon roman à la fête de la paroisse entre Jean d'Ormesson et Anna Gavalda, sous le regard jaloux des grandes familles boulonnaises bien pensantes. Là, c’est raté. Dès la page 30, il réalise avec stupeur que « Les Enfants du plastique » n’est qu’un outrage de plus à la morale déjà bien mal en point en cette époque où plus personne ne croit en rien, tout fout le camp et non, ce qu’il nous faudrait c’est une bonne guerre pour tout remettre en place…

Mais bon, c’est mon petit papa et je l’aime !

Spéciale dédicace à ma Grand-mère qui m'a demandé au téléphone :"Il paraît que ce n'est pas pour moi, ton livre?".

S’il y a d’autres écrivains qui ont choqué leur famille en sortant un livre, je les invite à témoigner ici.

lundi 09 janv. 2006

Mon attachée de presse...

Bon revenons un peu aux coulisses de l’édition comme le demande le canal historique des lecteurs de ce blog (Philippe, la mystérieuse amie qui me veut du bien, Mathilde, et surement E-lecteur…).

Résumons. J’ai écrit mon bouquin, je l’ai photocopié, je l’ai envoyé, j’ai reçu des lettres de refus type, des lettres de refus personnalisées, j’ai été convoqué à des rendez-vous, j’ai failli signer avec Luc Besson et j’ai finalement trouvé un éditeur. Et me voilà avec mon bouquin entre les mains. Tout beau, tout rouge, avec son vernis sélectif sur la braguette. Il existe enfin, mon livre, et j’aime toujours autant son titre : « Les enfants du plastique », ça claque. Mais l’aventure est loin d’être finie : maintenant, il faut que des gens sachent qu’il existent. Il faut que les medias en parlent et quand on sait le nombre de bouquins qui sortent à chaque rentrée littéraire, c’est loin d’être gagné.

Heureusement, les éditeurs qui ont tout prévu s’adjoignent généralement les services d’une attachée de presse. L’attachée de presse est un nom commun féminin invariable, tout comme Président de la république est un nom commun masculin lui aussi invariable (du moins en France). Il y a peu, donc, j’ai découvert l’attachée de presse. MON attachée de presse !

Anne Elle s’appelle Anne Vaudoyer, elle est jeune, belle malgré son bac C, intrépide (sur la photo de son CV ci-contre on a l'impression qu'elle est nue!) et toutes les élèves de l’EFAP rêvent de connaître son parcours fléché d’étoiles et de livres. Nous nous rencontrons une première fois, elle me montre des listes de journalistes, me demande ceux que je connais un peu. Ceux là il faudra leur dédicacer le bouquin, pour les autres, ça sert à rien.

L’ATTACHEMENT DE PRESSE POUR LES NULS
Le boulot d’une attachée de presse est de cibler dans son immense carnet d’adresse les gentils journalistes qui vont aimer mon livre et en parler dans leur influent media. Dans un premier temps, elle appelle, elle envoie des mails, des infos sur le livre. Puis elle envoie le livre. Enfin elle rappelle pour savoir si le livre est bien arrivé, puis elle rappelle à nouveau pour savoir si le livre a plu, si le journaliste aimerait en savoir plus. Attachée de presse c’est un vrai boulot qui demande beaucoup de disponibilité. Par exemple, si vous êtes fan de tuning, vous ne pouvez pas être attachée de presse, parce que bien tuner une voiture, c’est comme avoir des triplés, ça bouffe un temps dingue.

Mon attachée de presse est-elle Rock n’roll ?

Si on la compare aux attachées de presse des grandes maisons germanopratine, je dirais, un peu. En revanche, chez elle, c’est vraiment rock n’roll. Contre toute attente, la très BCBG Anne habite une banlieue rouge comme la couverture de mon livre, bien loin du café de Flore, dans un lieu super original qui m'a bien plu, meme si j'ai failli me paumer vingt fois en venant. J'aime les sous-sols amménagés en bureaux et la déco pop-récup. J’en dis juste assez pour appater les éditeurs mais pas assez pour que vous ne rabouliez tous chez elle avec les binouzes et des pringles. Faut pas déconner non plus, c’est MON attachée de presse.

vendredi 23 déc. 2005

The story of my Couverture !

Allez, c’est Noël alors voici un conte de Noël : « The amazing story of my Couverture ». Vous avez été super nombreux à voter pour votre projet de couverture préféré pour mon roman. Et voici le résultat :

Couvertureenfantsduplastiqu

Euh,... elle était pas dans les six propositions, celle-là ? Ben non! Vous l’aurez compris, en bons spécialistes du marketing culturel, nous avons non seulement décidé d’ignorer totalement vos réactions mais aussi de vous vomir dessus à gorge déployée. Non je déconne... En fait voici ce qu’il s’est passé: J’ai tout de suite eu un violent coup de coeur pour la 6 avec le Playmobil braguette, et l’équipe du Diable Vauvert également. Il y a consensus et tout le monde est très excité. Début octobre, le bouquin est prêt, tout corrigé tout beau, avec sa super couverture à faire bander vingt FNAC, il part donc chez l’imprimeur avec ses petites jambes musclées. Et là, aussi incroyable que cela puisse paraître, le grand méchant imprimeur avec ses gros doigts pleins d’encre fait peur à la petite Marion, mon éditrice adorée.
« Mais ça va pas ! T’es pas bien avec ton Playmobil en string dentelle ! Tu les connais pas chez Playmo, ça va pas du tout les faire marrer, ils sont ultra-cathos et ils vont te coller des procès tellement violents que même ton chien il sera endetté à cause de toi. Moi je veux bien imprimer ça mais tu me signes une décharge et patati et patata... »

Bref, Marion prend peur, le Playmobil retourne dans sa cave et me voici en larmes comme un gamin qui veut un bonbon mais y’en a pas. Playmobil_2 Le graphiste, super déçu aussi, se remet à bosser et nous pond des trucs même pas bloggables un jour de pluie. C’est là que j’ai l’idée : « Et si on réinterprétait artistiquement le playmobil ? ». Marion demande à voir ! Alors cette fois c’est moi qui me mets au boulot, je récupère sur le web un bon vieux Playmobil version postier allemand et j’en fais un petit ado-rocker hirsute en perfecto. Je tiens mon enfant du plastique. Le graphiste fait le reste, l’imprimeur se tait, on ajoute un petit coup de vernis sélectif sur le titre et sur la braguette, pour le style.

Il est né le divin objet : MON LIVRE !

mercredi 21 déc. 2005

Quelques explications sur ma photo officielle !

Photogringo Pendant que vous continuez à voter pour votre projet de couverture préféré pour mon roman, voici un petit post sur l’histoire de ma « photo officielle ».

Les livres publiés au Diable Vauvert ont une particularité bien embarrassante pour les types simples, modestes (et funky) comme moi : ils affichent en pleine page la photo de l’auteur sur la deuxième de couverture. Voici par exemple ce que cela donne sur « Gringoland », le roman très réussi de Julien Blanc-Gras, écrivain, touriste professionnel et sosie officiel de Guillaume Canet (pensez-y pour vos baptêmes, bar-mitsva, conventions d’entreprises, mariages… si vous n’avez pas pu avoir Loïc Le Meur).

Phototom1 Je reçois donc un coup de fil de Sylvie Biscioni, photographe attitrée du Diable Vauvert. Elle me demande quand je suis libre pour une petite séance en plein air et me demande si j’ai une préférence pour le décor. Vite il faut répondre un truc ! Euh… dans le nouveau quartier Tolbiac en construction, on pourrait faire ça dans un chantier, parce que c’est sympa un chantier ! Quelques jours plus tard nous voilà donc en plein 13ème, derrière les Frigos, à la recherche d’un chantier sympa. Pour les vêtements, je ne savais vraiment pas quoi mettre. Que faire ? S’habiller comme Axl Rose époque « Welcome to the jungle », comme Mick Jagger époque « Sticky Fingers » ? J’ai hésité super longtemps et puis finalement j’ai opté pour la formule jean veste chemise et santiags (des Palomino). Le problème c’est que mes pieds ont été coupés pour la photo officielle (je publie ici la photo originale). On ne voit plus les santiags et du coup je ressemble à un Bret Easton Ellis de bonne famille, tendance art de vivre, option Figaro Madame.

Pour la photo destinée à la presse j’ai choisi celle-là parce que j’aime bien l’idée qu’un écrivain pose devant un caddie (plutôt que dedans). Phototom2 C’est un peu le message des Enfants du Plastique. Voilà je sais ça fait un peu mytho de publier des photos de soi mais ça fait partie du processus de lancement d’un livre et je ne pouvais pas vous cacher cette étape. D’ailleurs j’ai rendez vous jeudi avec un photographe de l’agence Opale. On essaiera de faire des photos un peu plus rock n’roll.

samedi 17 déc. 2005

Je veux une couverture qui tue!

En temps normal, l’auteur n’a pas son mot à dire sur la couverture... quand il y en a une (en effet, les couvertures de certains éditeurs comme Gallimard sont très simplement conçues avec une règle et un bic quatre couleurs). Avec Marion du Diable, c’est différent. Mon éditrice, toujours prête à faire la révolution, a su prendre le meilleur chez ses homologues anglo-saxons : couverture en quadrichromie, vernis sélectif, grande photo de l’auteur… La couverture est considéré comme un véritable packaging dont le premier but est de hurler « Achetez-moi ! ».

J’attends donc avec impatience les premières propositions d’Olivier, le graphiste attitré du Diable Vauvert. Il n’a pas lu le roman mais il a été briefé. Quand à moi, j’ai fourni l’idée du Playmobil (jouet culte de la génération plastique) et précisé que j’adorais le rouge. Voici ce que je découvre avec bonheur peu de temps après dans ma boîte mail. Je vous laisse voter (vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir). En ce qui me concerne, je n’ai pas hésité une seconde :

1.

1

2.

2

3.

3

4.

5

5.

4

6.

6

mercredi 14 déc. 2005

Cadeau : la page 10 de mon roman !

Cette note fait suite au mini-drame qui a explosé dans les commentaires d'une précédente note dans laquelle je dévoilais le résumé de mon roman. La très charmante Bisontine s'est vantée d'avoir lu la page 10 des "Enfants du Plastique" avant tout le monde, et je cite :

"En ce qui me concerne, j'avais accroché rien qu'en lisant la page 10"

En effet, je lui avais envoyé une capture des épreuves de mon roman car elle voulait voir à quoi celà ressemblait (maligne la Bisontine!). Aussitôt, le très vaillant E-lecteur s'est indigné de ce favoritisme indigne d'un blog républicain et démocrate (et ouais!).

Voici donc, pour vous tous et toutes, chers futur lecteurs que j'aime déjà tant, la page 10 de mon roman au format épreuve (cliquez dessus pour agrandir).

Epreuve_3

Voilà, justice est faite! Alors ? Ca vous inspire quoi ?

lundi 12 déc. 2005

Putain mais tu vas nous dire de quoi il cause ton roman !?!

Allons allons, calme-toi petit lecteur impatient, nettoie vite la bave qui mousse à la commissure de tes lèvres gercées par le froid hivernal. J'ai bien entendu ta complainte légitime et j'admets que le moment est venu de lâcher un peu de lest. Nous allons donc évoquer la quatrième de couv’ des Enfants du plastique.

La quatrième de couv’ c’est le texte qui sera écrit au dos de mon roman. Le truc qui doit vous donner envie d’acheter. Normalement c’est l’éditeur qui est censé le pondre. Mais moi, qui suis super chiant (vous l’aurez compris), je n’étais pas d’accord avec l’extrait choisi par Marion. Je le trouvais trop axé business musical, trop technique alors que mon roman ne parle pas que de musique, loin de là. Finalement on s’est battu à mains nues dans la boue et on a fini par trouver un compromis. Voici donc ce compromis, en exclusivité pour mon blog :

« Le micro grésille, on entend la haine qui dégouline, on entend aussi le chanteur se rouler par terre en beuglant des insanités. Mes managers se regardent entre eux, ils ne savent pas trop comment réagir. Est-ce une blague, un test, une épreuve, une sorte de bizutage ? Le morceau se termine dans un larsen infâme. Mathilde est devenue blanche comme son chemisier de directrice commerciale.
— On ne va pas produire ça, Franck !?! »

Tout semble réussir à Franck Matalo, puissant PDG d’UNIQUE MUSIQUE FRANCE. Alors pourquoi décide-t-il à la surprise générale, de lancer Intestin, un groupe de punk-rock déjanté, incontrôlable, véritable pavé dans l’univers culturel aseptisé de l’année 2010 ?

Thomas Clément est né à Boulogne en 1973, Les Enfants du plastique est son premier roman.

Alors ? Késkevouzenpensez ?

dimanche 11 déc. 2005

Grosse note du week-end

Donc j’ai signé un pur contrat d’édition avec Marion Mazauric du Diable Vauvert. Généralement, le jeune écrivain est tellement content qu’un éditeur accepte de le publier qu’il juge impoli voire indécent de négocier son contrat. Grave erreur car la négociation permet de mesurer l’intérêt de l’éditeur pour le projet. J’ai donc négocié comme un chacal du désert.
Résultat : un à-valoir énorme, et un pourcentage goldmano-houellebecquien. Ca y est les mecs, je suis riche à me doucher au Cristal !

L'A-VALOIR POUR LES NULS :
L’à-valoir est une avance sur droits que l’éditeur compréhensif verse à l’auteur affamé à la signature du contrat. Généralement, son montant est fixé par l’éditeur en fonction des prévisions de ventes car cette somme est acquise par l’auteur, quoiqu’il arrive.
Ex : « Gallimard ne donne pas d’à-valoir à ses auteurs débutants ».

Ensuite, Marion me fait part de divers remarques concernant « Les Enfants du plastique » dernières version post-Chouquette. Elle préfère nettement le début et la fin de la V 1.0 qu’elle trouve beaucoup plus pêchus. Je suis moyen d’accord mais ses remarques me donnent l’idée d’une nouvelle version qui nous met aussitôt d’accord. Le bouquin est terminé. Youpi ! Il y aura donc eu 4 versions et croyez-moi, je suis vraiment fier de cette V 4.0, même après l’avoir relue 400 fois. Et ça tombe bien car je n’ai pas fini de me relire. Mandy me passe un coup de fil et nous faisons connaissance, diable-associé de Marion, c’est lui qui va superviser la fabrication  du bouquin. Quelques jours plus tard, je reçois les épreuves par mail.

LES EPREUVES POUR LES NULS :
On appelle « épreuves » le document PDF qui contient le roman dans sa forme définitive, avec deux pages par feuille A4. C’est un événement assez jouissif pour le jeune auteur qui découvre pour la première fois son texte présenté de façon pro, avec la typo de l’éditeur, les titres, la pagination, etc.... Ces épreuves, une fois corrigées sont souvent reliées et envoyées aux journalistes qui bouclent très tôt et qui ne peuvent attendre que le livre soit imprimé.

Je renvoie mes corrections à Mandy et une dizaine de jours plus tard, je reçois par Chronopost mes épreuves corrigées. Très impressionnant ! La correctrice n’a pas chômé, il n’y a pas moins de 10 corrections par pages et je dois tout valider. Bon je vous rassure la plupart des corrections ne sont pas dues à des fautes d’orthographe mais à des erreurs de typo : majuscules, espaces, tirets notamment. Après avoir compris les abréviations de la correctrice, je passe une journée à valider son boulot puis je renvoie le paquet à Vauvert par Chronopost. Moment émouvant, véritable point final du processus de création. Je ne pourrais plus jamais toucher à mon texte ! Alea Jacta est. Comme prévu, le paquet arrive quatre jours plus tard (un jour il faudra que je fasse un post sur La Poste). 

jeudi 08 déc. 2005

Et si on parlait du titre…

En lisant cet article ahurissant, confirmé par cette note de mon pote Fred, j’ai récemment découvert que les écrivains choisissaient rarement le titre de leur premier roman. En effet, le titre a une influence énorme sur le taux de préhension en magasin (= nombre de produits vus/nombre de produit pris en main par la ménagère) et la plupart des auteurs ne sont pas des as de la pub (comme Beigbeder) ou du marketing (comme un peu moi).
En ce qui me concerne, j’ai décidé de changer mon titre tout seul, après avoir déjà envoyé une dizaine de manuscrits. Au départ, le roman s’appelait :

" ROCK STARS "

J’aimais bien parce que c’était simple et que ça claquait à mort, rock n’roll quoi ! Et puis à la réflexion, je me suis dit que c’était con, que ça faisait vraiment trop bouquin musical style L’Odyssée du rock (très bon au demeurant). En fait mon roman ne parle pas que de rock. La mort de la musique est juste un prétexte pour parler d’un certain déclin de la culture, sans doute à cause du marketing à outrance, mais aussi pour plein d’autres raisons plus profondes. J’ai donc choisi un autre titre après une très longue réflexion :

" LES ENFANTS DU PLASTIQUE "

Le plastique, c’est la matière du jetable, du « take the money and run », du toc, du démodable : stylos en plastique, briquets en plastique, sac plastique, meubles en plastique… Mon éditeur l’a tout de suite adopté et même aimé, enfin je crois. Quant à vous, je sais que vous n’avez pas lu le livre mais j’aimerai bien avoir votre avis. Si vous voyez dans une librairie, une pile de livres intitulés "Les enfants du plastique", ca vous évoque quoi ? Vous en prenez un ?

Si vous êtes nombreux à répondre, je m’engage à publier tous les titres auxquels vous avez échappé (et y’en a des vraiment nazes).

mercredi 07 déc. 2005

Comment j’ai signé avec le Diable (Episode I)

Or donc, alors que j’étais prêt à m’envoyer un bon 15€ au Mac Do (ce qui est une dose assez imprudente !), mon téléphone sonne. C’est Marion Mazauric du Diable Vauvert. Je les avais complètement oubliés ceux-là ! Comme quoi, pas de nouvelles n’est pas forcément synonyme de mauvaise nouvelle.

MARION MAZAURIC POUR LES NULS:
Marion Mazauric est à l’édition ce que Jimi Hendrix est à la Fender Stratocaster (pour les très nuls : sa guitare ).  Marion Après une brève trajectoire qui l'a conduite d'Actes Sud à Marseille, elle est devenue en 1987 adjointe du directeur littéraire de J'ai lu, puis directrice littéraire en 1996. Après 13 ans de va-et-vient entre Paris et Nîmes, elle a décidé de rentrer chez elle pour créer Le Diable Vauvert, sa maison d’édition à elle toute seule et à ses associés. Le succès arrive très vite, notamment grâce à la découverte de  Nicolas Rey qui obtient le prix de Flore en 2000 pour son roman Mémoire Courte. Qualifiée par la presse parisienne d'intrépide, de trublion, de turbulente, voire de guerrière aux cheveux gris acier, Marion Mazauric est facilement repérable parmi les clones germanopratins, c’est la seule qui est enthousiaste quand elle parle de ses auteurs !

Voici ce que Marion m’a dit pour me faire oublier mon orgie de Mac Do à 15€ :
- Salut Thomas, les Diables ont lu « Les Enfants du plastique » et ils sont assez unanimes. Enfin bref on aime beaucoup ta vision et puis c’est vraiment drôle. T’as pas encore signé ? Non ? OK, y’a moyen de se voir rapidement ?

Le lendemain elle est à Paris, on se voit à la Gare de Lyon, au Train Bleu (Le restaurant de la fameuse scène de Nikita) pour prendre un verre. On fait connaissance, on bavarde, on se plaît bien. Je lui ai envoyé la nouvelle version post-Chouquette. Elle me dit qu’il y peut-être quelques modifs à faire, mais pas grand-chose, elle est prête à publier tel quel si j’insiste. Le lendemain j’ai un contrat dans mon mail. J’appelle Chouquette qui n’est vraiment pas prête pour me faire un contrat ni même une quelconque option (« tu comprends, faire un bon roman ça prend du temps »). J’appelle Sorin qui n’est pas là. Trois jours plus tard, Marion est de retour à Paris. Elle m’invite à dîner et je signe avec elle.

Putain merde ça fait qu’un épisode ! Ben c’est peut-être aussi pour ça que j’ai signé avec Le Diable !

samedi 03 déc. 2005

Le jour où j’ai failli signer avec Luc Besson : Episode III

Si vous débarquez, le premier épisode de la saga est ici !

Mercredi 8 juin. J’ai rendez vous avec Chouquette d'Intervista. Elle m’a prévenu qu’il y aurait aussi Bertrand Sympa, l’auteur de la deuxième fiche de lecture (celle que je n’ai pas publié) dont le style radical et anti-germanopratin m’avait beaucoup fait marrer. Bertrand Sympa a un look d’étudiant à Jussieu, client de Jeux Descartes, une queue de cheval et une tête à pourfendre des trolls dans Donjons & Dragons, c’est le conseiller littéraire préféré de Chouquette. Ils ont l’air très complice et ça se voit. Nous allons dans le premier café à droite en sortant du château de Luc XIV, car toutes la salle de réunion est occupée. Nous nous installons et Chouquette prend la parole :
- Bon, on aime beaucoup ton roman et on voudrait le publier, on pourrait même le publier tel quel, mais on pense que tu peux aller beaucoup plus loin. En fait on voudrait t’aider à écrire le roman que tu voulais vraiment écrire.
Pourquoi pas, moi je suis ravi qu’on m’aide ! Nous enchaînons donc sur l’histoire des Enfants du plastique. Chouquette et Bertrand Sympa ont eu pas mal d’idées marrantes et j’avoue qu’il y en a vraiment des bonnes. Nous brainstormons comme on dit dans le marketing. Je me détends, c’est cool de travailler avec Luc Besson, finalement j’aurais du prendre une bière au lieu de ce Perrier un peu couillon. J’écoute Chouquette et Bertrand débattre sur le profil de mes personnages, ils sont très calés, très inspirés, j’ai l’impression qu’ils ont passé des nuits entières à bosser sur mon roman, on dirait qu’ils le connaissent par coeur. Je ne crois pas si bien dire. Voilà que Chouquette dégaine 6 pages de notes écrites par Bertrand.
- Bon, en clair, voilà comment on voit le premier tiers de ton roman !
Chouquette se met à lire ce qui ressemble à un plan détaillé. J’ai un peu froid dans le dos. Je ne m’attendais pas à une telle précision.
- Je pense que ce n’est pas la peine que tu réécrives tout, tu retravailles juste le premier tiers et après on voit si c’est la bonne direction, si ça vaut la peine de continuer.

Bon là, je sais ce que vous allez dire. J’aurais du décrocher un extincteur, les tabasser à coup de bombonne et les finir à la mousse carbonique. Mais bon, mettez-vous un peu à ma place. Avec Fayard qui ne donne pas de news, Gallimard qui vient de me refuser une deuxième fois, je ne peux pas trop faire ma diva. Je dis donc que je vais retravailler, et je retravaille... tout le roman. Je ne suis pas du genre à bosser par tiers. Un roman c’est une mécanique globale. D’ailleurs, assez vite, j’oublie leur plan détaillé. Je trouve de nouvelles idées et j’arrive à une nouvelles version des Enfants du Plastique qui fonctionne diablement ( !) bien, beaucoup plus riche et dont je suis vraiment fier.

Mercredi 22 juin. Je balance donc le nouveau manuscrit à Chouquette, et j’attends, j’attends. C’est long d’attendre.
Mardi 5 juillet. Enfin je reçois un mail de Chouquette qui me dit qu’elle a été malade pendant dix jours et qu’elle ne va pas pouvoir avancer dans les deux semaines à venir. Sorin est injoignable je commence à déprimer sérieusement. Direction le mcDo pour oublier. C’est le moment précis que choisit Marion Mazauric pour composer mon numéro de téléphone.
(à suivre)

P.S : Notons que Bertrand Sympa est certes très sympa mais qu'en vrai, il s'appelle Bertrand Ferrier (je suis bien obligé de dévoiler son nom pour faire sa promo).Ezoah  Il a vraiment un style et un humour décapant. Sextoys Mais le plus incroyable c'est qu'il arrive à sortir quasiment simultanément un livre pour enfant "Ezoah" et un livre pour adulte "Sextoys, forever" (c'est pas le moment de mélanger vos cadeaux de Noël!)

lundi 28 nov. 2005

Le jour où j’ai failli signer avec Luc Besson : Episode II

Si vous débarquez, cliquez ici pour commencer au début.

137faubourg Si Louis XIV avait été producteur de cinéma, il aurait certainement opté pour des locaux au 137, Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris. Tout ça pour vous dire que les locaux d’Europa Corp, ça en jette un max. Il est vraiment lucky, Luc !

Après avoir traversé le jardin avec la fontaine, les dauphins, les statues de Jeanne d’Arc et de Jean Reno, les affiches géantes de Banlieue 13, je me retrouve dans le bureau de Chouquette d'Intervista. Elle a l’air vraiment sympa, Chouquette. Elle me fait visiter son bureau tout plein de Minimoys et me présente sa collègue Monique*, puis nous entrons dans le vif du sujet. Chouquette a fait lire « Les Enfants du plastique » à deux lecteurs professionnels aux sensibilités très différentes et il se trouve que les deux ont beaucoup aimé le roman. Les fiches de lecture enthousiastes sont là pour en témoigner. Des fiches de lecture ??? J’en ai jamais vu, moi ! Terrassé par la curiosité je supplie Chouquette de me les montrer. Elle accepte et me fait même des photocopies.

Et là, réjouis-toi, petit lecteur de mon blog car il va se passer un truc incroyable qui n’est jamais arrivé sur le web : Je vais publier une ce ces fameuses fiches de lecture (la moins positive des deux car je suis modeste), un truc que les éditeurs ne montrent que très rarement.

Fichelecture1

Fichelecture2

J'aurais vraiment avoir des bulletins comme ça quand j'étais à Franklin.

Chouquette me dis qu'elle a commencé à lire le manuscrit elle aussi. Je lui dis que depuis, il existe une nouvelle version du roman et je lui donne la nouvelle version des « Enfants du plastique » retravaillé sur les conseils de Sorin et Laclavetine. Elle me répond qu’elle va le faire relire très vite afin que nous puissions avancer. Elle s’inquiète à nouveau de savoir où j’en suis avec les autres éditeurs, je lui répond que je suis très avancé avec Raphaël Sorin de chez Fayard (demi-mensonge qui permet de foutre un peu la pression). En la quittant je vois déjà les affiches du film « Les Enfants du Plastique » sur les murs du hall d’entrée. Elle jurent un peu avec la déco du petit château de Luc XIV, mais c’est trop bon.
(A suivre)

* : Là, c’est pas pour protéger la nana, c’est juste que je me souviens plus de son nom.

vendredi 25 nov. 2005

Le jour où j’ai failli signer avec Luc Besson : Episode I

Petit résumé : J’ai envoyé mes manuscrits à 25 éditeurs, Raphaël Sorin est intéressé mais je n’ai toujours pas de nouvelles. Nous sommes le 23 mai 2005. A part ça tout va bien. Soudain, mon téléphone sonne. C’est Chouquette* d’Intervista !

Intervista pour les nuls :
Intervista est la maison d’édition du groupe Europa Corp, une petite entreprise familiale montée par Luc Besson, réalisateur de Nikita, et qui produit non seulement des films avec de l’argent dedans (Taxi 3, Fanfan la Tulipe et bientôt Angel-A), mais aussi Blanche un film de Bernie Bonvoisin qui fut le chanteur de Trust, seul groupe de hard rock français potable (je reviendrai sur lui plus tard).
Arthur Mais revenons à Intervista. Créée à la base pour publier des bouquins dérivés des films Europa Corp, puis la série de best sellers signée Luc Besson « Arthur et les Minimoys », Intervista souhaite aujourd’hui se développer. Chouquette est recrutée pour ça, et la maison annonce le lancement d’une nouvelle collection « Intervista Cinémascope » présentée par Luc Besson. Au programme : romans d’aventure, mondes imaginaires, fantasy, SF, mais aussi romans intimistes, tous les genres sont permis ! L’adaptation cinéma des romans est prévue pour la suite… (nan, tu déconnes !!!!)

Chouquette d'Intervista s’excuse d’abord de se réveiller si tard mais elle vient d’arriver dans la boîte et y’avait des manuscrits partout dans le bureau. Elle a bien aimé « Les Enfants du Plastique », le côté rock’n’roll, le groupe déjanté, tout ça... et elle espère que je n’ai pas encore signé. Aussitôt je fais mon malin et je dis que c’est imminent, que des grands pontes de l’éditions sont en train d’hésiter en haut lieu (Chez Lipp?). Chouquette propose qu’on se rencontre. Je suis tout content (putain, Luc Besson quand même, les mecs !!!). Non, en fait je saute de joie !
(à suivre)

* : Pourquoi Chouquette a le droit à un pseudo sur mon blog et pas les autres ? Parce que Chouquette n’est pas encore à l’édition ce que Grosquick est au chocolat en poudre (même si c’est bien parti), et je souhaite donc la ménager.

samedi 19 nov. 2005

Lettres de refus personnalisée (suite) !

Comme je le disais dans une note précédente, recevoir une lettre de refus personnalisée d’un éditeur constitue un immense événement dans la vie du jeune écrivain. Il la lit, la relit, il a presque envie de l’encadrer, rendez-vous compte ! Il a passé le barrage des stagiaires, il est passé dans les étages, il a fait l’objet d’une ou plusieurs fiches de lectures. Bref, ILS ont lu son manuscrit, ils ont pris la peine de lui envoyer un petit mot sympa, encourageant, juste pour lui ! Du coup il en oublie complètement l’essentiel : LE REFUS !

Après avoir étudié la lettre de refus personnalisée « classique », voici un exemple de lettre de refus personnalisée « conseil » qui nous vient des éditions Plon, dirigées par Olivier Orban.

(Cliquez dessus pour agrandir)

Plon

Et oui, vous avez bien lu, chez Plon, on me conseille d’envoyer mon texte à Frédéric Beigbeder de chez Flammarion. Ce que je fais. Hélas, voici ce que le très médiatique directeur littéraire de la rue Racine (à l’époque) me répond par mail :

Bonjour Thomas Clément,
J'ai lu "Les Enfants du plastique" avec plaisir, c'est bien observé et enlevé. Malheureusement, je viens de publier un roman sur un sujet proche ("la Décadanse" de Richard Seff) et je ne peux donc pas donner suite à votre projet. Sinon je deviendrais le spécialiste des romans sur l'industrie du disque, au moment où celle-ci menace de disparaître !
Je vous conseille de le faire lire ailleurs, vous allez sûrement trouver preneur.
Amicalement Frédéric Beigbeder

Epilogue :  J’ai passé plus de barrages que l’aspirant lambda. On me recommande à d’autres éditeurs, on est persuadé que mon roman trouvera preneur. Je suis donc refusé... mais CONTENT!

mercredi 16 nov. 2005

Comment j'ai trop de la chance!

J'ai trouvé ce témoignage dans les commentaires du blog de Pierre Assouline.

Pierre_assouline (Pierre Assouline pour les nuls : Pierre Assouline est écrivain, amoureux des années 30, ancien rédacteur en chef du magazine Lire. Il a failli avoir le Goncourt 2005 pour son dernier roman "Lutétia" (Gallimard) et il tient un blog dans lequel il boit du café.)

Mais revenons au témoignage posté par un certain Lazare : "Je suis stagiaire dans une grande maison d'édition à Paris. Je vois chaque jour comment les choses se passent, les étagères entières remplies de pavés et sur la tranche de chacune d'elles, un post-it de quelques centimètres carrés: "refusé" et la date.

Je ne travaille pas au service des manuscrits mais j'ai accès au local où ils sont entreposés et je m'attarde souvent à en feuilleter quelques-uns. Autant que je peuxle dire, ils sont tous mauvais. Généralement, l'auteur a pris la peine d'y adjoindre une lettre d'introduction qui suffit presque à les mettre de côté immédiatement.

Le plus triste ce ne sont pas les dizaines de jeunes parisiens arrogants persuadés d'être de nouveaux Houellebecq, mais les autres, les retraités de province qui livrent candidement 750 pages de vie quotidienne en y mettant tous leurs espoirs. C'est de ça je crois, qu'il faut avoir conscience: l'immense majorité des manuscrits reçus est totalement et définitivement impubliable."

A lire : L'intégrale du commentaire de Lazare et la note de Pierre Assouline sur les mecs qui s'amusent à envoyer des classiques de la littérature aux éditeurs en changeant juste le titre.

mardi 15 nov. 2005

Raphaël Sorin me fait mariner...

Flash-back :
Vendredi 14 janvier, j’ai RDV avec Raphaël Sorin de Fayard qui – doit on le rappeler – est à l’édition ce que Bruce Lee est au Kung Fu. Portrait_sorin1 J’ai emporté son petit mot rose pour qu’il me l’interprète en live et me voilà en route pour la rue Du Four, plein d’espoirs, le nez au vent sur mon scooter noir. Fayard, c’est du lourd : Michel Houellebecq, Yann Queffélec, Patrick Bessonec...

La porte de l’appartement est ouverte, je rentre et je trouve le bureau de Raphaël Sorin. La deuxième chose qui m’interpelle après les deux assistantes souriantes, c’est le joyeux bazar créatif qui règne dans la pièce. « Mais monsieur Sorin, il pleut des manuscrits chez vous, ou quoi ?!» Il y en a partout, par terre, sur des tables, des étagères, sur son bureau. Je n’ose pas regarder dans la poubelle. La plupart sont agrémentés d’une carte de visite d’un ami célèbre : « Mon cher Raphaël, tu devrais lire ça... » ou « j’ai reçu ce manuscrit, c’est pas pour nous mais ça pourrait te plaire ». Bref je sens qu’on attend que moi, avec mes Enfants du Plastique.
Sorin me fait asseoir (sur un tabouret fabriqué à partir de manuscrits coagulés). Il me dit qu’il a bien aimé mais que tout ça est trop linéaire qu’il faut déconstruire un peu, rajouter du mystère, perdre le lecteur. A titre d’exemple, il me cite « Rois et Reine », le film d’Arnaud Desplechin qu’il vient de voir et qu’il a beaucoup aimé. Je le remercie pour ses conseils et je lui promets que je vais retravailler. Il y a des manuscrits sur les murs, des manuscrits dans sa poignée de main, des manuscrits dans l’escalier, des manuscrits dans le ciel, des manuscrits dans mon scooter, des manuscrits chez moi, dans mon ordinateur, dans ma ville en plastique.

Entre ces précieux conseils et ceux de Jean-Marie Laclavetine (Gallimard), j’ai de quoi chef-d’oeuvriser mon bébé. Je bosse comme un furieux. Deux mois plus tard, c’est prêt. Je retourne chez Raphaël Sorin, je lui vends ma nouvelle version avec rage, il me répond qu’il va le lire et qu’il voudrait aussi le faire lire à d’autres personnes. Quand je repars il y a un manuscrit de plus dans son bureau. (A suivre)

dimanche 13 nov. 2005

J’ai un nouvel ami écrivain !

Fred_1Voilà, c’est lui sur la photo, il a tout d'un grand. Il s'appelle Frédéric Ploton et comme moi, il attend avec impatience la sortie de son roman « Parfum » qui sort en avril chez Ramsay. Comme moi, il a créé un blog pour raconter ses aventures. Aujourd'hui, Frédéric m’a envoyé un mail très sympathique. Il a lu mon blog en détail et me fait remarquer preuves à l’appui que « les gros éditeurs n’ont pas le privilège du silence et de l’incivilité éditoriale ».

C’est vrai, je dois avouer que certains petits éditeurs comme Léo Scheer ou Héloïse d’Ormesson ne m’ont jamais répondu. En même temps, il faut bien comprendre que ces maisons ont rarement plus de deux salariés, des moyens très modestes et que chaque nouvel auteur publié constitue pour elles un suicide potentiel, contrairement à Grasset&Co qui appartiennent à de grands groupes.

Mais bon l’important c’est que je me suis fait un nouvel ami grâce à mon blog, et ça c’est bien cool pour un dimanche soir.

vendredi 11 nov. 2005

Une lettre d'accompagnement qui a marché

Après mon petit cours bidon sur la lettre d'accompagnement, vous avez été nombreux (enfin surtout Philippe) à me demander la vraie lettre que j'ai envoyée aux éditeurs avec mon manuscrit. Hé bien la voici ! Pour la première fois sur le web, découvrez une lettre d'accompagnement qui a débouché sur un contrat d'édition, avec mes conseils gratuits (en rouge). Attention! En recopiant cette lettre, n'oubliez pas de changer le titre du bouquin et le nom de l'éditeur si vous l'envoyez à plusieurs éditeurs.

                                   Au Diable Vauvert
                                   Marion Mazauric

                                   Boulogne, le 19 novembre 2005,

Madame,

Vous trouverez ci-joint mon roman « Les enfants du plastique ». A travers l’exemple de la musique, j’ai voulu mener une réflexion profonde sur l’avenir des « produits culturels » et les dangers du marketing sur la création. Ce livre évoque également la mort d’un enfant, la mort d’un amour et la mort d’une passion. (Petite phrase d'intro qui donne l'ambiance générale du roman et les motivations de l'auteur)

L’histoire : En 2006, Franck Matalo a sauvé l’industrie musicale de la faillite grâce un plan aussi redoutable qu’ingénieux. Quatre ans plus tard, contre toute attente, cet homme, devenu puissant patron de major, décide de lancer un groupe de hard-rock aussi mauvais que prétentieux et... particulièrement instable. Véritable anachronisme dans le paysage culturel de l’année 2010, le groupe agit comme un puissant révélateur, une tornade qui ridiculise tout sur son passage. Mais pourquoi Franck Matalo a t’il fait ça ? (un petit résumé, ça vous fait tout de suite passer sur le haut de la pile s'il donne envie d'entrer dans l'histoire)

Je serais très heureux d’être édité au Diable Vauvert, une maison courageuse et résolument différente (Montrer qu'on connait un peu la maison et sa production littéraire + petit coup de fayotage) qui ne s’offusquera certainement pas de certaines scènes un peu trash mais ô combien justifiées des « Enfants du plastiques » (paroles de chansons outrageantes, parodies d'interviews, attaques violentes contre la Star Academy, ridiculisation du spectacle des « Enfoirés », démontage d’une lolita pop en plein concert,...) (une toute petite dose de racolage pour émerger parmis les 4.000 manuscrits reçus par an).

J’espère que ce livre vous plaira. Si tel est le cas, je serais très heureux de vous rencontrer. N’hésitez pas à me joindre au 06 11 52 XX XX.

Veuillez accepter, Madame, l’expression de mes salutations respectueuses.

Thomas Clément

mercredi 09 nov. 2005

Petite précision sur l’esprit de ce blog.

Suite aux nombreux commentaires sur la note précédente, je tiens à préciser que mon propos n’est pas du tout de dénigrer tel ou tel éditeur. Bien au contraire, ces articles sont plutôt à considérer comme des mini-hommages, certes décalés, à ceux qui ont eu la gentillesse de me consacrer du temps.

Ensuite, NON, je ne compare pas Sorin à Groquick, je compare leur aura respective. Dans le milieu de l’édition, Raphaël Sorin est archi connu, salué et respecté, dans le milieu du chocolat instantané en poudre, Groquick est archi connu, salué et respecté.

La lettre ambiguë écrite à la main

Voici certainement la lettre qui m’a le plus fait plaisir. D’abord parce qu’elle vient de Raphaël Sorin (Fayard) et ensuite parce qu’il l’a écrite à la main ! Donc non seulement il a pris le temps de lire mon manuscrit mais en plus il m’a répondu avec un stylo et un papier, à l’ancienne. Moi je trouve ça tellement rock n’roll de faire ça à l’heure de l’ADSL et de Loïc Le Meur.

RAPHAEL SORIN POUR LES NULS :

Raphaël Sorin est à la littérature ce que Prosper Youplaboum est au pain d’épice. Raphaël Sorin est à l’édition ce que feu-Groquick était au chocolat en poudre. Pour mon plus grand plaisir, il a édité Patrick Eudeline et Michel Houellebecq pour le reste, voyez ici.

Voici la lettre (cliquez dessus pour l’agrandir) :

Mot_sorin_1

Si vous avez réussi à la déchiffrer, vous serez d’accord avec moi pour trouver cette lettre assez ambigüe. C’est pourquoi j’ai téléphoné à Raphaël Sorin pour obtenir un rendez-vous... et il a accepté de me recevoir. A la limite, Youpi (comme dirait Michel Houellebecq) ! A suivre...

lundi 07 nov. 2005

La lettre de refus perso

Bon, la semaine dernière, je vous ai parlé des lettres-types de refus envoyées par les éditeurs aux aspirants écrivains. Aujourd’hui, je vais vous montrer quelque chose de beaucoup plus rare, quelque chose qui n’a jamais été montré sur le web (vous pouvez chercher sur google) :

LA LETTRE DE REFUS PERSONNALISÉE

Et on commence avec celle de Gallimard, écrite par le très sympathique Jean-Marie Laclavetine, chef de produit « jeunes » au 5, rue Sébastien Bottin (Cliquez dessus pour l'agrandir).

Lettregallimard_1 

J’ajoute que j’ai envoyé quelques mois plus tard une deuxième version des Enfants du plastique à Jean-Marie et qu’il a essayé de la faire passer en comité de lecture sans succès comme en témoigne ce mail :

« 29/03/2005
Cher Thomas Clément,

Malheureusement, la nouvelle version de Rock Stars (ancien nom du roman NDLR) n’a pas su convaincre vraiment le comité de lecture. Il y a là un roman toujours talentueux et plus cohérent, surtout dans la peinture des membres du groupe rock et de ses provocations, ainsi que dans celle, très critique, du milieu des maisons de disques. En donnant une raison sentimentale à la révolte du narrateur (...) vous privez sans doute le lecteur du vitriol qu’il tend à attendre de vous… Le texte est en effet beaucoup plus fort dans l’évocation du nihilisme et du cynisme que dans la mélancolie ou dans le remords. Je suis désolé d’avoir à vous annoncer de nouveau une décision négative. Je resterai attentif, si vous le souhaitez, à la suite de votre travail.
Très cordialement,

Jean-Marie Laclavetine »

Prochainement sur ce blog, ne manquez pas : la lettre de refus ambiguë « écrite à la main » par Raphaël Sorin (Directeur littéraire de Fayard et éditeur de Michel Houellebecq), la lettre de refus de Plon qui vous conseille d’écrire à Frédéric Beigbeder chez Flammarion, la mail de refus de Frédéric Beigbeder et la lettre de Sylvie Genevoix d’Albin-Michel.

vendredi 28 oct. 2005

Petit point à J-100 !

Bon, les flash-backs c'est bien sympa, mais concrètement, on en est où avec mon roman ?

Les dernières corrections ont été faîtes et le fichier des Enfants du plastique est parti chez l'imprimeur.

Sinon, l'avocat de l'éditeur vient de nous annoncer que nous risquions un énorme procès avec notre couverture un tantinet provocatrice et surtout qui détourne un jouet bien connu des enfants du monde entier. L'éditeur hésite, c'est le genre de procès qui, dans le meilleur des cas, vous transforme un éditeur qui monte en serveuse chez Mc Do, et dans le pire des cas vous fait terminer sous un pont sans aucun espoir de retour à la Bernard Tapie. Bref l'éditeur a dit non à la jolie couverture.

Je suis dégoûté, je l'adorais cette couverture. Mais bon, je reviendrai en détail sur cet épisode croustillant un peu plus tard.

Pour l'instant, je dois partir en week-end au Touquet. Vous pourrez me voir samedi soir à l'Impasse, caché derrière un Mojito.

(Spéciale dédicace à Panamojito, un blog qui a entrepris l'oeuvre de salut public de noter tous les Mojitos servis dans les bars parisiens)

jeudi 27 oct. 2005

La lettre-type de refus !

Bon, ça y est, le roman est envoyé ! Dans les jours qui suivent, on ne pense plus qu’à ça, on se voit déjà Goncourt ou Flore ou juste Marc Lévy. Et puis au bout d’un mois ou deux, alors qu’on commence doucement à penser à autre chose, voilà que les premières lettres type de refus arrivent.

Afin de voir si vous êtes un aspirant écrivain confirmé ou si c’est juste la première fois que vous aspirez, je vous propose un petit jeu. Voici trois extraits de lettres type de refus. A vous de les relier avec leur éditeur respectif (n'hésitez pas à cliquer dessus pour les agrandir) :

Refus1_1

Refus2 

Refus3

A) Actes Sud (éditeur du Goncourt de l’année dernière)

B) Stock (maison de Jean-Marc Roberts)

C) Grasset (éditeur de Beigbeder, Eudeline et Despentes)

La prochaine fois, nous étudierons la lettre de refus personnalisée, beaucoup plus rare.

mardi 25 oct. 2005

Des maths pour les écrivains...

Sachant que’une feuille A4 pèse 5 grammes,

Sachant que mon manuscrit fait 110 pages,

Sachant que j’ai envoyé Les Enfants du plastique à Flammarion, Gallimard, Grasset, Fayard, P.O.L, Stock, le Dilletante, Anne Carriere, Robert Laffont, Denoël, Calman Lévy, Albin Michel, Actes Sud, Au diable Vauvert, Leo Scheer, La Table ronde, Le cherche Midi, Plon, JC Lattès, Hachette littérature, Héloïse d’Ormesson et Intervista.

Sachant que les tarifs de la poste sont ici et qu’un manuscrit s’envoie en service lettre rapide (j’ai pas envie que tous les postiers aient lu mon roman avant qu’il ne sorte !),

Combien va me coûter ma recherche d’éditeur en frais d’envois ?

Réponse : 7, 24 €  ( 2 x 3,62 €)

En fait, seuls Actes Sud et Au Diable Vauvert qui sont situés dans le Sud de la France ont reçu mon manuscrit par la poste. Pour les autres, il suffit d’organiser un rallye pédestre « Découverte de Saint-Germain des Prés » avec vos amis. Quatre équipes, cinq manuscrits et un plan du 6ème par équipe. La première équipe qui a livré tous ses manuscrits gagne un verre de vin blanc par jour pendant deux jours au Café de Flore.

Bon OK, si vous n’êtes pas parisien, c’est 79,64 € !

vendredi 21 oct. 2005

La lettre d’accompagnement !

Pour un éditeur, recevoir un manuscrit sans lettre d’accompagnement, c’est un peu comme recevoir un pot de confiture sans étiquette. A vu de nez, ça a l’air bon, mais on n'est pas trop pressé d'y goûter. Alors on range le pot anonyme avec les autres et on se dit qu'on verra plus tard avec le service déminage, quand on aura fini le pot qui a une grosse étiquette marquée « trois fruits rouges». Celui avec les petites fraises des bois dessinées au feutre.

Si l’on en croit l’excellent dossier Edition, mode d’emploi publié par le magazine Lire, une lettre d’accompagnement doit être « soigneusement rédigée - ni prétentieuse ni impérieuse -, une simple note d'intention avec adresse et numéro de téléphone ». Voici donc, si vous êtes très pressé un exemple de lettre d’accompagnement efficace:

Monsieur,

Voisin de palier de Thierry Ardisson, fils caché de Guillaume Durand, confident de Michel Denisot, neveu de Franz-Olivier Giesbert, méga-pote de Justine Lévy (elle-même fille de BHL), partenaire de tennis de PPDA, conseiller secret de Nicolas Sarkozy, prof de latin d’Arthur de Villepin, rédacteur en chef du blog de Lionel Jospin, Disc Jockey au mariage de Delphine Arnaud, fondateur du fan club de Clément (le chien de Michel Houellebecq), je joue au scrabble avec Arnaud Lagardère, au ping pong avec Philippe Sollers, il m’arrive de rendre des services à François Hollande et Laurent Fabius me doit 10 euros à cause d’un pari stupide, Johnny Hallyday et Frédéric Beigbeder viennent souvent regarder les matches de foot importants à la maison car j’ai une grande télé et des Pringle’s qu’on ne trouve pas en France, Etienne (Mougeotte) et Patoche (le Lay) mes deux témoins de mariage nous rejoignent après pour refaire le match. Sinon au vestiaire du Racing mon casier se situe entre celui de Serge July et celui de Jean-Marie Colombani.

Voilà, j’espère que mon livre vous plaira.

Veuillez croire monsieur à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Kevin d’Ormesson

mardi 18 oct. 2005

Vibrant hommage aux artisans reprographes!

Photocopie

Beaucoup d’écrivains, grisés par le succès, l’alcool et/ou les filles, oublient de rendre hommage à un maillon essentiel de la création littéraire : l’artisan photocopieur. Dieu du boudin (Noiwoublanc?), king of the trouillouteuse, as du transparent et du dos cartonné, il reproduit et façonne votre oeuvre à des tarifs imbattables (même si le plus compétitif restera toujours le service reprographie de l’entreprise qui vous emploie).

Ce soir je te rends hommage, Yin des chez « Reine Copy » à Boulogne-Billancourt. Je suis venu t’annoncer la nouvelle : « Je vais être publié ! T’rends compte, c’est dément, non ? ». Et oui, Yin, ça a marché, je ne t’ai pas commandé cette cagette de manuscrits en vain. Du coup je me suis dit qu’on pourrait faire comme dans les tabacs. Tu sais la pancarte « Ici un joueur a gagné la somme de 5.000 euros au Tac O Tac ». Si tu veux je te fais une pancarte : « Ici ont été imprimé les manuscrits des Enfants du Plastique de Thomas Clément » et puis on mettrait des petites cloches, des petits euros dorés et ça donnerait envie à tous les jeunes écrivains de te confier leurs travaux d’impression. C’est du marketing, Yin, c’est hyper incitatif, kestendis ? N’importe quoi ! Non mais pour qui je me prends moi ? Si ça se trouve, tu imprimes déjà les manuscrits de Bernard-Henri et de Marc Lévy, et même ceux de Dan Brown quand il vient à Boulogne.

Bon en tout cas je te fais de la pub gratuite, voilà !

Reine Copy
108, route de la Reine
92100 Boulogne-Billancourt
Ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 13h00 et de 14h à 19h00 et le samedi de 10h30 à 13h00 et de 14h30 à 18h00.

jeudi 13 oct. 2005

Ca commence par un manuscrit !

Manuscrit_2 

Nous sommes début novembre 2004.

La plupart des sites ou livres de conseils aux jeunes écrivains conseillent vivement de ne pas mettre d'illustration sur la couverture de son manuscrit. Hélas, c'est plus fort que moi, j'en mets une (sauf sur le manuscrit qui partira chez Gallimard - je ne sais pas pourquoi mais je sens que Gallimard, ils peuvent le vivre comme une provocation).

Comme vous l'aurez constaté sur la photo, il existe deux sortes de manuscrit. Le manuscrit dit "de riche", trouillouté à la machine, relié avec un boudin, dos cartonné et transparent pour protèger la couv'. Le manuscrit dit "de pauvre", très facile à réaliser soi-même avec une perforatrice toute bête et des attaches-parisiennes.

L'éditeur préfère bien entendu lire sur le premier. Mais s'il aime votre roman, il aura besoin d'en faire des copies pour son comité de lecture et c'est tout naturellement qu'il préférera le deuxième, plus facile à balancer en un clin d'oeil dans la photocopieuse.

Conclusion, si vous êtes sûr de la qualité de votre oeuvre, envoyez un manuscrit "de pauvre". Si vous pensez que vous n'avez aucune chance, envoyez un manuscrit "de riche". Si vous êtes riche, envoyez les deux.

mardi 11 oct. 2005

Chouette, mon bouquin va sortir!

Le blog d'un écrivain qui publie son premier roman, ça vous intéresse ? J'espère parce que je vais tout balancer, tout ! Toutes les étapes que vit un aspirant-auteur, de la première ligne écrite sur un post it aux soirées coke avec les putes et les téléphones portables offerts, en passant par les envois de manuscrits aux éditeurs, l'attente insoutenable, les premiers espoirs, les déceptions, mon éditeur qui décide d'être mon éditeur, la joie, les épreuves corrigées, la conception de la couverture, les passages télé, bref... ça va déballer sec.

J'aurais pu commencer ce blog plus tôt afin de vous faire suivre tout le processus en temps réel. Hélas, écrire un livre puis tenter de le faire publier est une expérience tellement prenante qu'on a pas vraiment le temps d'écrire un blog en même temps. Donc pas de supense, mon roman s'appelle "Les enfants du plastique", il sort le 2 février 2006 !

En attendant, voici quelques Flashbacks, histoire de vous raconter un peu comment ça s'est passé.